Pendant la Session d’été du Parlement fédéral à Berne, les groupes parlementaires invitent chaque année à une sortie qui mène les parlementaires dans une autre région de la suisse.
En préparant la sortie 2011, j’ai décidé de placer la sortie de mon groupe sous le thème « swissness » – « swissmade ». En effet, dans les mois à venir, le Parlement devra fixer des règles à respecter pour qu’un produit puisse bénéficier de l’appellation « swissmade ». Une appellation confirmée ou exprimée sur l’emballage du produit par la croix suisse, par l’écusson d’un canton, par le drapeau suisse ou par tout autre signe qui est représentatif pour notre pays. L’enjeu est de taille. La qualité suisse vaut de l’argent et nous savons que les gens sont d’accord de payer plus pour un produit de qualité. Nous parlons alors de plusieurs milliards de francs.
Mais, la croix suisse sur l’emballage n’est pas encore une garantie pour que le produit soit effectivement de qualité suisse. Nous savons que des dizaines de milliers de produits et des biens de consommation portant la croix suisse sont produits notamment en Asie et n’ont aucun lien avec la suisse. Nous devons donc agir. Nous avons un intérêt commercial et, pour nos sites de production un intérêt vital de clarifier et de fixer sous quelles conditions un chocolat, une montre, une machine, un couteau peut indiquer Swissmade. Nous ne voulons pas que des chocolats montrant cette verte Gruyère soient produits au Tyrol ou à St. Petersburg.
Nous ne voulons pas des couteaux militaires suisses qui sont produits à Honkong, nous ne voulons pas que les bonbons Ricola n’ait plus rien à faire avec les herbes suisses. L’enjeu financier de taille.
Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas si évident de fixer une fois pour tout p.ex. pour le chocolat Cailler, pour les glaces Mövenpick, pour la moutarde Thomy, pour les Basler Läckerli, un seul pourcentage des matières premières suisses. Les fabricants de montres ont une autre approche que Nestlé et encore une fois une autre approche de ce dossier que p.ex. le fabricants de machines industrielles.
Pour nous informer, pour avoir un contact direct avec une branche qui est fortement intéressée par l’appellation swissmade, nous sommes donc allés visiter les entreprises Swatch à Granges qui sous la forme de nombreuses entreprises occupent aujourd’hui à nouveau plus de 5500 personnes.
Si l’on demande les responsables d’après la recette de ce succès, on constate vite qu’il s’agit de qualités de tout bon entrepreneur :
Il faut faire une bonne analyse de l’offre et de la demande, il faut bien évaluer les perspectives et les besoins de l’avenir. Évidemment, il faut avoir une bonne idée, la qualité du travail est primordiale, il faut accepter un certain risque aussi financier, il faut avoir la volonté de se battre et de réussir, il faut disposer d’une bonne équipe et de collaboratrices et collaborateurs motivés et bien formés.
Toutes ces qualités et toutes ces conditions font l’entrepreneur. Il fallait aussi un voire des entrepreneurs pour que le projet de l’hôtel IBIS prenne forme et soit réalisé.
Je félicite la société Bullehôtel SA et notamment son Président Jacques Paquier et évidemment aussi la directrice de l’hôtel IBIS, Mme Sophie Rouvenaz d’avoir été les moteurs professionnels pour construire cet hôtel et par conséquent pour enfin améliorer l’offre d’infrastructures hôtelières de la région Gruyère.
L’inauguration il y a quelques mois du nouveau centre et de l’atélier de charpente à Pâquier, la semaine passée l’inauguration de la nouvelle centrale de traitement de graviers à Grandvillars, aujourd’hui l’inauguration de l’hôtel IBIS sont des réalisations qui démontrent, s’il fallait vraiment encore apporter une preuve supplémentaire, que l’entreprise JPF, de par la qualité de son travail et de par l’esprit entrepreneurial de la famille Paquier et de ses dirigeants, est l’un des moteurs économiques de la région et du canton. Merci pour tout ce que vous faites et entreprenez.
Mais, revenons à l’hôtel IBIS, à l’hôtellerie et au tourisme en général. Actuellement, nous discutons à Berne aussi du renouvellement du soutien au tourisme pour la période 2012 à 2015. Le dossier est important. Dans notre pays, plus de 150000 places de travail et 30 entreprises dépendent directement du tourisme. Ces places de travail influencent directement la marche des affaires dont dépendent 230 000 personnes travaillant notamment dans la restauration et dans l’hôtellerie. 2 francs sur 3 dépensés par les hôtes de la Suisse, par les touristes vont dans d’autres branches. Notre pays génère 10 % de son produit brut intérieur dans le secteur du tourisme. Pour moi, il est donc évident que le Parlement continue à investir autour de 200 millions de francs dans cette branche et notamment dans la promotion. Qui dit promotion, dit aussi Europe, les Etats Unis, l’ Amérique et l’Asie. Nous gagnons un franc sur deux à l’étranger.
Pour maintenir nos marchés, pour garantir nos places de travail et nos places d’apprentissage, nous devons rester un pays ouvert au monde et notamment ouvert à l’Europe. Je ne veux pas entrer à l’union européenne, mais je défends avec conviction les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes. Nous ne pouvons pas nous permettre de fermer nos frontières à un marché de 500 millions de consommateurs. Nous ne pouvons pas nous permettre de jouer avec l’accès commercial de nos produits aux pays de l’Europe. Le district de la Gruyère qui est devenu avec ses entreprises régionales, nationales et internationales ,l’ un des pôles économiques important de notre canton paierait un prix très élevé pour une Suisse repliée sur soi-même .
Nous toutes et tous sommes fiers de notre histoire, de notre culture, de nos traditions. C’est sur cette base que nous construisons d’une manière responsable l’avenir. L’hôtel que nous inaugurons aujourd’hui fait partie de cette confiance dans l’avenir. Merci donc à toutes celles et à tous ceux qui y ont contribué.





